mercredi 23 mai 2007

Solit'air

Une pensée me taquine depuis quelques jours, depuis que je réalise que j'ai rejoint le sein de امّ الدنيا. Je me dis que je suis seul ici, avec mon passé, mon futur, ce fil des jours poisseux qui m'accompagne depuis tout petit, d'île en île en capitale mondialisée.

Ahmed le taximan me scrute un instant. Il essaie de voir mes yeux. Peine doublement perdue : mes lunettes de soleil ne sont pas transparentes, et mon regard est fuyant.

Je regarde cette ville immense s'agiter : tous ces humains qui s'agitent, vivent, aiment, meurent parfois.

J'assiste à tout ça, indifférent. Je suis là, mais ailleurs.

Et pendant que mon cerveau observe mon nombril, tous ces Egyptiens qui me ressemblent mais qui ne sont pas moi, vaquent à leurs affaires. On est peu de chose !

Une gorgée de jus de citron ?

J'accepte, de bon coeur.

Merci Ahmed de m'avoir sorti de ma torpeur. On est peu de chose, autant se faire une raison.

Je fais une grimace au petit garçon qui me fixe par la fenêtre du 4x4 climatisé de son père. Il se cache en éclatant de rire.

انتا صياع me lance Ahmed. Sans doute aucun.

Et je soupire d'aise en pensant à ce gros chat tout plein de poils qui m'attend dans mon appartement à Héliopolis. Je pense à Nâgui, mon cher colocataire, qui doit regarder un vieux film égyptien, tranquillement installé dans son marcel, devant un verre de Porto.

Et je souris.

Franchement.

En fait, je suis bien ici.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Franchement, on a l'impression de râter quelque chose en ne déchiffrant pas les quelques mots d'égyptien dans le texte. Alors peux-tu mettre la traduction ? Tafadhwali !